Les gibiers

 

 

Le francolin  : de la famille des perdrix, il est sans conteste le roi des gibiers à plume en Afrique.

Là, nous sommes bénis des Dieux car trois sous-espèces sont représentées dans cette région : le francolin à double éperon ( Francolinus bicaltarus) , le francolin à gorge blanche  ( Francolinus albogularis) et le francolin d'Ahanta ( Francolinus ahantensis ).

Le francolin se chasse à la poussée, devant soi, dans les pailles séchées  ( les belges diront «  matitis » par référence au  Congo ), ou encore par rabattage.

Il apprécie aussi les cultures et il n'est pas rare de le trouver aux abords d'un village.

Son vol paraît lourd, mais il est trompeur car il est capable d'accélérations puissantes. Son tir demande du sang froid car à la poussée (chasse en ligne), il se laisse parfois dépasser ou encore s'envole en compagnie mais en ordre très décalé et il ne faut pas se laisser troubler par plusieurs francolins qui se lèvent dans les pieds du chasseur alors que celui-ci pointe déjà le premier à avoir décollé.  Heureusement, on s'y fait vite.

 

La pintade   : Ah la finaude ! La pintade est sûrement le plus rusé des volatiles à chasser au Sénégal. Son truc préféré est de se laisser pousser mais en prenant de la distance par rapport aux chasseurs. Elle court à toute allure sous les couverts, puis décolle d'un vol tout en puissance lorsqu'elle est hors de portée du coup de fusil. Il ne faut alors pas hésiter à courir sur elle pendant qu'elle se repose pour la tromper sur la distance qui la sépare du chasseur, mais il y a beaucoup plus efficace (et moins fatiguant) : le rabattage.

Celui-ci nécessite quand même de marcher un peu jusqu'au repérage d'une colonie sur une zone, et puis c'est l'attente, dans la culture du doute, car ce gibier magique est déconcertant d'intelligence tactique.

La pintade, qui vit en compagnies importantes,  est vraiment très présente sur le territoire de chasse.

 

La tourterelle  : plusieurs variétés très intéressantes de cette espèce enrichissent le panel cynégétique du camp.  La  tourterelle « des villes », dite  « tourterelle turque », par ailleurs inintéressante, est quasi absente de l'endroit, mais nous avons la chance d'y rencontrer en nombre la tourterelle des bois ( dite « française ») qui se distingue par son vol haut et le plus rapide de tous, la tourterelle d'Abyssinie ( Turtur abyssnicus ), la tourterelle maillée ( Streptotelia senegalensis ), la tourterelle vineuse ( Streptopellia vinace ), la tourterelle masquée ( Oena capensis ) et enfin la tourterelle améthyne ( Turtur afer ).

Ce gibier (classé nuisible un mois par an au Maroc tant il est nombreux) se chasse à la passée et est extrêmement bien représenté. Ceci signifie que sa population ne peut pas être estimée tant elle est importante. Une passée représente parfois plusieurs milliers de sujets.  Le tir de ce vrai gibier est des plus intéressants car trois possibilités s'offrent : la plus spectaculaire par le nombre est au lieu dit «Le robinet». Là, le tir (statique) se fait à la fois de face et souvent assez haut en tirant parfois presque à la verticale. Il est de bonne conduite de ne pas tirer les suicidaires.

Une chasse tout à fait différente se pratique en sous bois, en avançant. Le tir se fait alors proche du «skeet» .

Et enfin, certains lieux permettent de placer les chasseurs (statiques) dans des trouées en milieu boisé.

Les tourterelles s'engouffrent alors dans ces trouées, à hauteur d'arbres, puis réagissent à la vue du chasseur. Elles peuvent alors dégager latéralement ou plonger parfois presque à ras du sol, s'offrant ainsi à  un tir incertain mais d'une qualité rare.

En tourterelle, le tableau est absolument garanti. Cette affirmation ne souffre pas de doute.

 

Le Gangas   : surnommé « la bécasse d'Afrique », le Gangas quadribande   ( Pterocles quadricinctus )  et le Gangas à ventre brun ( pterocles exutus ) se tirent en passée, soit le matin ( ils volent alors plutôt haut tout en restant tirables ), soit à la tombée de la nuit.  Les deux variétés sont si fortement représentées sur la zone qu'elles s'y trouvent en concurrence et c'est une grande chance car ce n'est pas, et de loin, partout ainsi.

Au coucher du soleil, le Gangas passe en grand nombre durant à peu près vingt à vingt cinq minutes mais son tir est un moment d'une terrible intensité. Surgissant de nulle part, il fonce !

Altitude moyenne : trente pieds … soit 10 mètres !

Son vol peut être droit, ou carrément faire penser à celui des  « hélices » tant il peut être brisé, changeant de direction à la dernière seconde, plongeant soit droit sur le chasseur, soit en défilant. Il gagne ainsi encore plus de vitesse. 

L'apparition est fugace ; sa chasse - vraiment excitante - est tout en fulgurance et garanti une fameuse poussée d'adrénaline chez le chasseur.

Indéniablement, la quête de cette bécasse africaine accroît de beaucoup le niveau de tir de ceux qui s'yadonnent et les résultats, évidents , arrivent dés le deuxième soir.

 

La Poule de Roche  :   La variété de Poule de Roche présente à Sali est la Picathartes orea.

Secret, cet oiseau cavernicole niche en des lieux très isolés car il est plutôt prisé par la population qui lui prête des vertus curatives diverses.

Peu goûteux, et relativement rare car son habitât idéal est plutôt chaud et humide, il n'est pas le gibier phare du camp car sa chasse ne présente que vraiment très peu d'intérêt mais il peut-être chassé sur demande.

Le résultat n'est garanti sur aucun camp de chasse : au camp de Sali non plus !

 

Le lièvre d'Afrique  :  Appelé aussi parfois «  lièvre d'Egypte », le lièvre d'Afrique est souvent confondu avec le lapin australien sylvilagus sottement introduit en Afrique Centrale dans les années cinquante  ( principalement au Congo français et au Congo belge ). Fort heureusement, cette variété importée semble n'avoir pas fait souche.

Sur le territoire du Camp de Sali, vous trouverez de très beaux sujets de pur « Lièvre d'Afrique » ( Lepus aegyptus ) et en parfaite santé ( les chacals se chargent de la sélection ). Cet animal, au pelage gris/fauve/jaune, est plus petit que le lièvre européen mais ne manque sûrement pas de vivacité. Il lui arrive cependant parfois de commettre de grosses erreurs de jugement qui conduisent le chasseur bien né à ne pas l'exécuter froidement.

Il se chasse par rabattage mais ne fait pas l'objet exclusif dudit rabattage car  il se tire la plupart du temps lors de la chasse des francolins ou des pintades.

 

Les pigeons  : les plus représentés sont le pigeon de Guinée ( surnommé « pigeon rônier ») et le pigeon à épaulette, le fameux «  pigeon vert ».

Alors là, on revient dans la cour des grands quant au tir de ces volatiles car, si ils sont   tout à fait tirables  quand ils décollent devant le chasseur ( c'est le plus souvent le cas ), leur tir traversard ou défilant est une autre paire de manche quand ils sont lancés à plein régime. On leur prête alors des vitesses oscillant entre quatre vingt et cent  dix kilomètres à l'heure.

Leur vol est toutefois plutôt rectiligne mais il  vaut mieux avoir un bon swing dans ces moments là.

La probabilité d'atteinte dans ces conditions de vol nous paraît être de un sur trois chez les assez bons tireurs.

 

Le phacochère  :  Très présent sur les 100.000 hectares du camp de chasse, le phaco est d'une chasse passionnante.

Avec ses lignes tout en brutalité, ce gibier du néolithique nous ramène droit aux forges de nos origines !

Il en existe plusieurs variétés - de poids et même de robe différents - réparties sur deux tiers du continent africain mais celle présente au Sénégal est volontiers imposante. Un spécimen de 130 kilos y a été tiré en 2005 mais petit ou gros, il est un animal fascinant.

Sa viande est très dense et sans aucun rapport avec celle du sanglier.

Le phaco est tout en muscle : un vrai athlète !

Bien que la population de ce suidé soit  importante à Sali/Pakala ( voir «  Le mot de l'accompagnateur » en menu défilant sous la photo d'entrée du site ) , le tir d'une femelle en coûtera une double taxe de prélèvement car elles ne portent que de trois à cinq jeunes par an et seulement la moitié arrivera à maturité.

Seuls les mâles sont autorisés au tir  et  tout le personnel du camp y veille soigneusement  car il n'existe pas d'autre solution si l'on veut s'interdire de tricher en nourrissant ( voire en élevant ) les phacos, ce qui n'arrivera pas à Sali car Antoine  fermerai t   le camp momentanément plutôt que de recourir à de telles pratiques.,

Vos pisteurs et votre guide sont là pour vous aider au mieux : ils sont compétents et les femelles ont de beaux jours devant elles…

Et rappelez-vous que si vous le souhaitez, vous pouvez vous faire accompagner !

 

Les autres animaux fréquemment rencontrés

 

Le chacal  : alors lui, on le voit partout, et surtout quand on part au phaco. Comme lui, il adore les termitières et il nous est arrivé d'en faire sortir quatre d'une termitière creuse, l'un à la suite de l'autre, à moins de trente mètres.

Il nous est arrivé aussi d'en réveiller un ( gales et otites sont une source de surdité ) alors que l'on regardait dans une termitière mais ce canidé n'a aucune agressivité.

Incorrigible curieux, il n'est pas rare qu'il ne puisse s'empêcher  d'arrêter sa course après quelques mètres pour regarder qui est l'intrus et il est arrivé ( autre part en Afrique ) à votre accompagnateur de dire plusieurs fois de partir à un chacal qui le suivait à moins de quinze mètres dans tous ses déplacements nocturnes. Plusieurs fois, ce chacal tout à fait familier s'est écarté de quelques mètres puis s'est assis…

Certainement très utile, il semble ne peser d'aucun poids sur la vie animale de la zone de chasse et bénéficie de notre sympathie.

 

Les outardes  : Très proches de l'outarde canepetière qui se rencontre en Europe ( celle aux ailes à dominance blanche et ornées de fauve et de noir ), deux variétés d'outardes se voient  journellement sur la zone de Sali : l'Outarde du Sénégal ( Eupodotis Senegalensis ) et l'Outarde de Savile  ( Eupodotis Savilei ). Elles ne sont pas répertoriées parmi les gibiers, mais elles y sont en si grand nombre que nous les croisons à peu près chaque jour.

 

Le rat palmiste  : acrobate surdoué, cet habitant de la zone y est fortement représenté. D'une morphologie assez proche de l'écureuil , il est plus grand et brun clair . Vous le verrez forcément lors de votre séjour.

 

Les oiseaux ornementaux  : Eh bien là, c'est un festival constant! Du perroquet Youyou aux inséparables à tête ro uge en passant par les perruches à colliers, les Martinets Caffre , les Coucals du Sénégal , les petits Kalaos, les grands Kalaos ( bien plus rares ), les perruches vertes,  les merles métalliques, les coqs des pagodes, les rolliers d'Abyssinie ( de magnifiques oiseaux bleus peu farouches qui se posent parfois à deux pas de la salle à manger lorsque l'on y est ), ce sont plus de deux cent variétés d'oiseaux ornementaux très colorés qui font de ce territoire une volière sans filet.

Souvent très familiers, ces oiseaux viennent fréquemment se poser à moins de quinze mètres des hommes qui partagent son biotope. Ils savent bien qu'ils ne risquent rien !